L’acide lipoïque, un antioxydant universel et un agent thérapeutique d’avenir . L’acide lipoïque mérite bien le titre d’antioxydant universel : il est très bien absorbé par le tube digestif et se diffuse dans tous les tissus, il est à la fois liposoluble et hydrosoluble, il neutralise les radicaux libres et régénère d’autres antioxydants, il chélate les métaux lourds, il aide à la réparation de l’ADN et a des effets positifs sur l’expression génique, et, enfin, réduit la glycation. Le domaine où l’efficacité thérapeutique de l’acide lipoïque est reconnue (en Allemagne) est le diabète, notamment dans la prévention de ses complications et, en particulier, la neuropathie et la cataracte. Il devrait être utilisé en combinaison avec la N-acétyl-cystéine dans les pathologies responsables d’une chute de glutathion intracellulaire comme l’exposition aux rayonnements ionisants, les viroses, en particulier, le VIH et les hépatites, le surmenage du sportif. Enfin, il pourrait avoir son indication dans l’athérosclérose et l’hyper-cholestérolémie. En traitement préventif et curatif, l’acide lipoïque est donc une valeur sûre et d’avenir pour la recherche et la supplémentation. L’acide lipoïque : un antioxydant idéal ! L’acide lipoïque est réduit, en particulier, dans les globules rouges, en acide dihydrolipoïque. Cette réaction est dépendante du NADPH, une forme active de vitamine B3. C’est surtout l’acide dihydrolipoïque qui joue le rôle d’antioxydant, neutralise les radicaux libres et réduit l’oxydation de nos cellules. L’acide lipoïque est capable de neutraliser plusieurs variétés de radicaux libres dont certains parmi les plus toxiques comme l’oxygène singulet, l’hypochlorite et le peroxynitrique. Ces radicaux très offensifs participent aux processus de maladies telles que l’athérosclérose, le diabète, la cataracte. L’acide lipoïque permet aussi la régénération de nombreux antioxydants. Une fois qu’un antioxydant a neutralisé un radical libre, il perd sa capacité antioxydante pour, parfois, devenir un prooxydant. Il est donc capital qu’après avoir été oxydé, il puisse être régénéré. Les antioxydants sont régénérés par d’autres antioxydants. La vitamine C, après avoir joué son rôle d’antioxydant devient un prooxydant qui a l’avantage d’être facilement éliminé dans les urines. L’acide dihydrolipoïque, en neutralisant un radical libre ou en régénérant un antioxydant, est oxydé en acide lipoïque. Il ne devient donc pas un prooxydant à éliminer ou à régénérer, comme la vitamine C, pour continuer à jouer son rôle d’antioxydant. L’acide lipoïque a l’avantage de régénérer plusieurs types d’antioxydants particulièrement vitaux comme la vitamine E, le glutathion, la vitamine C et l’ubiquinol, la forme réduite du coenzyme Q10 (voir Nutranews d’octobre 2000). Il prolonge la demi-vie de la vitamine E. De plus, son administration permet d’augmenter le taux de glutathion intracellulaire non seulement en le régénérant mais aussi en favorisant sa synthèse à partir de la cystéine. Ce qui est particulièrement intéressant chez les sujets immunodéprimés (SIDA, surmenage du sportif de haut niveau) qui ont des taux de glutathion lymphocytaire effondrés. La supplémentation en acide lipoïque permet ainsi de restaurer un niveau de glutathion normal (élévation de 30 à 70 % du taux d’acide lipoïque) chez les sujets déficients et permet d’abaisser le niveau de lipoperoxydation. L’ADN, constituant nos gènes, est endommagé par les radicaux libres. L’organisme a développé des systèmes enzymatiques pour le réparer et l’éliminer lorsqu’il est oxydé. L’ADN oxydé se retrouve, sous forme de bases oxydées, dans les urines. L’acide lipoïque a la particularité, non seulement, de protéger l’ADN des radicaux libres mais, aussi, d’aider à réparer l’ADN oxydé, ce qui le rend particulièrement efficace dans la prévention de la dégradation du génome responsable du vieillissement et du cancer. L’acide lipoïque, comme la vitamine C, joue un rôle de chélateur vis-à-vis des métaux de transition tels le fer et le cuivre et des métaux lourds comme l’arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure. Lors d’un excès de fer ou de cuivre, il forme un complexe avec le fer et le cuivre, les empêchant d’oxyder la vitamine C et d’autres antioxydants. En se liant à ces métaux toxiques, il facilite leur excrétion et réduit leur absorption. Il empêche ainsi l’intoxication de l’organisme par ces métaux dangereux. Il est donc conseillé de se supplémenter en acide lipoïque lors d’un excès de fer ou de cuivre ou lors d’une contamination par des métaux lourds. Au niveau du globule rouge, sa capacité de chélation réduit la production de peroxyde d’hydrogène. L’acide lipoïque, un inhibiteur de la glycation